Tom Dolan : relancé, libéré… et prêt à replonger dans la Solitaire

Tom Dolan : relancé, libéré… et prêt à replonger dans la Solitaire

Le grand rendez-vous de sa saison approche à grands pas. Le 17 mai prochain, Tom Dolan s’élancera sur la 57e édition de La Solitaire du Figaro Paprec : trois semaines d’intensité absolue, trois manches exigeantes et près de 1 700 milles d’un subtil équilibre entre vitesse, fatigue et instinct. Au programme : une première manche entre Perros-Guirec et Vigo via le phare de Wolf Rock, un deuxième volet entre Vigo et Pornichet, avant un ultime acte jusqu’au Havre via l’estuaire de la Gironde et Eddystone. Trois étapes longues respectivement de 610, 450 et 600 milles, qui réuniront 36 des meilleurs spécialistes du solitaire. Dans une flotte particulièrement dense, il faudra savoir durer, sentir les bons coups avant les autres et continuer à naviguer juste quand les organismes commenceront à tirer.  Un terrain où le skipper Kingspan a progressivement construit quelques-uns de ses plus solides repères.

Revenir vite… et retrouver le plaisir

Cette Solitaire arrive très tôt dans la saison. Une configuration qui convient parfaitement au skipper irlandais après l’immense frustration vécue l’an dernier. Tenant du titre en 2025, Tom Dolan avait dû abandonner prématurément à la suite d’une blessure au poignet. Un coup d’arrêt brutal, qu’il semble aujourd’hui avoir parfaitement digéré. « Après ce qu’il s’est passé l’année dernière, c’est bien que la course arrive tôt. Ça me permet de rebondir rapidement et de ne pas traîner ça toute la saison. Franchement, ça me met dans un bon état d’esprit depuis le début de l’année. » Et les premiers mois de 2026 ont justement confirmé que le marin irlandais était dans le rythme. Au contact sur les courses de préparation, solide dans ses vitesses et toujours aussi précis dans son engagement, Tom Dolan avance sereinement vers son grand objectif. « Je me sens de mieux en mieux. Je suis dans le coup et ça fait forcément du bien. Tout le monde est un peu à la bourre à cette période-là… mais j’ai l’impression d’être un peu moins à la bourre que les autres», sourit-il. Derrière l’humour, il y a surtout un énorme travail mené tout l’hiver avec son fidèle complice Gildas Mahé, également préparateur du bateau. Réglages, préparation technique, détails de performance : le duo a une nouvelle fois énormément poussé pour arriver prêt sur la ligne de départ.

Une Solitaire abordée plus librement

Vainqueur de l’épreuve en 2024, Tom Dolan sait mieux que personne combien la Solitaire du Figaro Paprec peut être dévorante mentalement. Et paradoxalement, ne plus arriver avec l’étiquette du tenant du titre semble aujourd’hui lui convenir davantage. « L’an passé, je me mettais énormément de pression. On sait à quel point gagner deux fois de suite, c’est compliqué. Là, je redeviens un outsider et ça m’arrange très bien. » Outre le skipper de Kingspan, un autre ancien vainqueur sera au départ : Nicolas Lunven. Une preuve supplémentaire du niveau extrêmement dense attendu sur cette édition 2026. Dans un coin de sa tête, évidemment, existe l’envie d’entrer dans le cercle très fermé des doubles vainqueurs de l’épreuve. Mais fidèle à sa personnalité, celui que l’on surnomme l’Irlandais Volant refuse toute posture excessive. L’essentiel est ailleurs : naviguer juste, rester lucide et prendre du plaisir dans ce qui restera sa neuvième participation à l’épreuve. « Je veux vivre cette Solitaire comme si c’était ma dernière. Quand on s’amuse sur l’eau, les choses suivent souvent derrière. »

Un parcours exigeant… où l’expérience peut faire la différence

Le tracé de cette 57e édition ne laissera aucune place à l’approximation. Tom identifie notamment les deux manches autour de l’Espagne comme des moments particulièrement sensibles. « Les passages par Vigo, à l’aller comme au retour, sont toujours piégeux. Ça peut vite partir dans tous les sens et créer des écarts énormes. Ce sont des étapes qu’il faut vraiment respecter. » Le dernier acte vers Le Havre pourrait lui aussi réserver de nombreux rebondissements, notamment avec les effets de courant et les choix stratégiques liés aux DST (Ouessant et Casquets). « Il y aura de vrais choix nord-sud avec des écarts de distance en réalité très faibles. Ça peut rendre cette étape vraiment intéressante. » Mais au-delà de la stratégie pure, la Solitaire du Figaro reste surtout une histoire de gestion humaine : fatigue, lucidité, capacité à rester performant jour après jour. Et sur ce terrain-là, l’expérience accumulée au fil des années constitue forcément un atout précieux. Relancé, bien entouré et débarrassé d’une partie de la pression qui l’accompagnait il y a un an, Tom Dolan abordera cette compétition avec une envie intacte. Sans bruit, sans excès, mais avec cette détermination tranquille qui accompagne souvent les grands compétiteurs.