16 Mai « Commencer un peu dans le dur, ça me va plutôt bien »
Demain dimanche, après cinq jours animés à Perros-Guirec, les 36 marins engagés sur la 57e édition de La Solitaire du Figaro Paprec largueront enfin les amarres. À 11 heures, le grand départ sera donné en direction de la pointe sud-ouest de l’Angleterre, avant une longue traversée du golfe de Gascogne jusqu’à Vigo.
Une première manche longue de 610 milles, déjà dense et exigeante, qui devrait immédiatement plonger la flotte dans le cœur de ce qui fait l’ADN de l’épreuve : du rythme, de l’usure et très peu de temps pour respirer. Un terrain qui ne déplaît pas vraiment à Tom Dolan, le skipper de Kingspan. « Ça va être du près, du près… et encore au près à la fin », sourit l’Irlandais, lucide sur ce qui attend la flotte dès les premières heures. « Il va y avoir deux ou trois petites danses au menu, donc ça va être assez intéressant. » Derrière la formule, une réalité bien connue des Figaristes : une Manche difficile à lire, des modèles météo encore hésitants.
En somme : un scénario capable de redistribuer les cartes très tôt dans la course. « Le départ sera important, comme d’habitude. Tu es toujours content de partir devant avec de l’air frais. Après, la partie la moins claire, c’est la Manche. Il y aura probablement quelques petits « pifs-pafs » à placer aux bons moments et aux bons endroits. Pour l’instant, les fichiers ne sont pas tous d’accord. » Passé Wolf Rock, la flotte devrait ensuite basculer dans un registre plus physique : une longue descente du golfe de Gascogne dans 17 à 18 nœuds de moyenne, ponctuée par deux passages de fronts potentiellement musclés. « Il pourrait y avoir plus de 30-35 nœuds par moments. Il y aura sans doute douze heures un peu compliquées, avec une mer courte et inconfortable », analyse le navigateur. Une entrée en matière engagée, mais presque idéale pour Tom, qui sait généralement très bien exploiter ce type de conditions. « Commencer un peu dans le dur, ça me va plutôt bien. Une bonne course de vitesse au près, c’est cool. Je sais que j’ai la speed dans ce registre-là. »
Et comme souvent sur la Solitaire, l’incertitude pourrait surtout grandir à l’approche de l’Espagne. La direction de course a d’ailleurs installé une porte au niveau du cap Finisterre afin de sécuriser une zone particulièrement complexe à modéliser. « Après le cap, ça risque de devenir un peu la foire… on ne sait pas encore exactement ce qui va se passer », reconnaît Tom avec son naturel habituel. « Mais comme souvent, je pense que cette dernière portion vers l’arrivée en Galice risque de jouer un gros rôle. » Fort d’un début d’année solide, Tom Dolan aborde cette première manche avec ce mélange de décontraction et de lucidité qui le caractérise si bien. Sans bruit, mais avec l’envie très claire de rapidement se replacer dans le bon wagon d’une Solitaire qu’il connaît désormais par cœur.

