Gagner petit pour voir grand

Gagner petit pour voir grand

Huit jours de course pour rallier Lagos, quelques jours pour récupérer, et déjà l’heure de repartir. Tom Dolan et Gildas Mahé s’apprêtent à retrouver Kingspan ce samedi, à 15 heures (heure de Paris), pour la seconde et dernière étape de L’Aventura.

Au programme : 783 milles pour remonter jusqu’à l’île d’Yeu, avec une physionomie très différente de la grande diagonale via l’archipel de Madère. Cette fois, pas de succession de systèmes dépressionnaires ni de grandes options à tenter au large. Il faudra d’abord remonter la façade portugaise au près, dans un vent qui pourrait atteindre 20 à 25 nœuds, négocier une transition au nord de l’Espagne puis, enfin, libérer les chevaux au portant jusqu’à l’arrivée. « Ça devrait aller assez vite, cinq ou six jours environ », résume Tom, parfaitement requinqué après l’escale.

« J’ai bien récupéré et Gildas aussi. C’était une escale vraiment sympa, donc on repart en forme. » Et il faudra l’être, car si cette deuxième manche s’annonce plus courte, elle ne devrait offrir que peu d’occasions de faire de grosses différences. Pas de grand coup à tenter pour renverser la table, mais une multitude de petits gains à aller chercher : le bon bord, quelques degrés de mieux, un peu plus de vitesse, une manœuvre propre, le bon timing dans la transition. « Je ne vois pas vraiment de gros choix stratégiques. Il va surtout falloir bien partir, parce que le début sera important. On devrait avoir un vent assez léger au départ, puis ça devrait ensuite partir progressivement par devant. Après, il faudra tirer les bons bords le long de la péninsule ibérique et bien naviguer. » Autrement dit, du gagne-petit à haute intensité, avec la perspective de voir les écarts rester serrés jusqu’au bout.

Une configuration qui n’a rien pour déplaire au duo de Kingspan. Quatrièmes après une première étape achevée à seulement deux minutes du podium, Tom et Gildas ont montré qu’ils avaient retrouvé leur vitesse, leurs automatismes et cette capacité à rester au contact lorsque la course se resserre. Ils abordent désormais cette remontée en chasseurs, sans pour autant vouloir modifier la recette. « On est plutôt bien placés. L’idée, c’est simplement de bien naviguer, de faire les choses comme on sait les faire et ensuite, on verra le résultat. » Pas davantage de calculs, donc.

À l’heure de quitter l’Algarve, la feuille de route tient presque en trois verbes : partir fort, naviguer juste et ne rien lâcher. Si les prévisions se confirment, l’arrivée devrait être jugée jeudi à l’île d’Yeu. D’ici là, chaque occasion sera bonne à prendre. Même la plus petite.